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Pourquoi les professionnels de santé exigent d'intégrer les soins dentaires à la médecine générale

Selon un communiqué relayé par l'agence AFP, un large collectif de médecins, d'experts en santé publique et de responsables du secteur dentaire appelle à reconnaître la santé bucco-dentaire comme une…

mis à jour 19 octobre 2026

Pourquoi les professionnels de santé exigent d'intégrer les soins dentaires à la médecine générale

Selon un communiqué relayé par l'agence AFP, un large collectif de médecins, d'experts en santé publique et de responsables du secteur dentaire appelle à reconnaître la santé bucco-dentaire comme une composante à part entière des soins courants. À l'origine de cette mobilisation, la Fédération européenne de parodontologie (EFP) et l'Association européenne de santé publique dentaire (EADPH) ont réuni des spécialistes venus d'horizons variés: parodontologie, cardiologie, prise en charge du diabète, médecine de famille et santé publique. Pour les patients, l'enjeu est concret: prévention mieux coordonnée, repérage plus précoce de certaines pathologies et, à terme, des conseils bucco-dentaires susceptibles d'émerger lors de consultations qui ne sont pas dentaires.

Un message signé par des cliniciens, pas par un seul métier

L'originalité du consensus tient à la diversité de ses rédacteurs. Comme le résume le professeur Moritz Kebschull, ancien président de l'EFP et auteur principal, « les maladies bucco-dentaires, les maladies cardiaques, le diabète et le cancer partagent les mêmes causes: le sucre, le tabac, l'alcool et la précarité. Il n'est pas logique de les prévenir une par une ». Le chiffre donné par le professeur Andreas Stavropoulos, trésorier de l'EFP et coauteur, donne la mesure de l'enjeu: « les maladies bucco-dentaires coûtent environ 710 milliards de dollars américains par an, et l'essentiel de ce fardeau est évitable ». Côté pratique, le professeur Anton Sculean, secrétaire général de l'EFP et coauteur, précise la transformation attendue chez les soignants: « chaque médecin, infirmier et pharmacien devrait pouvoir donner les conseils de base sur le brossage, le nettoyage entre les dents et les visites dentaires régulières, et les dentistes devraient regarder au-delà de la bouche, par exemple en identifiant un diabète non diagnostiqué ».

Trois réflexes à installer avant la prochaine consultation

Pour les patients, ce changement de perspective se traduit par quelques gestes simples à ancrer dans la routine et à ne pas remettre au prochain rendez-vous. Le brossage deux fois par jour, le nettoyage interdentaire quotidien et des visites régulières chez le chirurgien-dentiste restent le socle de la prévention rappelé par le consensus. Le lien avec le diabète est l'un des arguments les plus solides: selon le professeur Kebschull, « les données sont les plus claires pour le diabète, où le traitement des maladies des gencives aide les patients à contrôler leur glycémie ». En pratique, mieux vaut signaler à son médecin traitant tout saignement de gencives persistant, et à son dentiste tout diagnostic récent de diabète ou de maladie cardiovasculaire. Côté hygiène de vie, limiter les apports en sucre et le tabac profite à la fois au cœur, aux gencives et à l'équilibre glycémique.

Le sujet s'invite aussi dans l'actualité récente

Ce mouvement ne reste pas cantonné au texte fondateur. Selon Presse Santé, une étude finlandaise publiée fin septembre 2026 invite à renforcer la vigilance dentaire chez des patientes atteintes d'un cancer du sein avec métastases osseuses traitées par antirésorptifs, afin de limiter le risque d'ostéonécrose de la mâchoire. Presse Agence relaie par ailleurs un grand rendez-vous d'hygiène bucco-dentaire organisé à Levallois-Perret, et Newsmada rapporte l'ouverture d'un dialogue régional entre Madagascar et des îles voisines sur la santé bucco-dentaire. Trois signaux, en plus du consensus européen, qui confirment la place croissante du sujet dans l'agenda sanitaire.