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Hygiéniste dentaire en Suisse : la profession que la France n'a pas

Selon Santé Cool, la Suisse a bâti une profession dentaire que la France ignore encore: l'hygiéniste dentaire, un métier de santé indépendant dont le titre est protégé par la Confédération.

mis à jour 28 octobre 2026

Hygiéniste dentaire en Suisse : la profession que la France n'a pas

Pour un patient frontalier ou installé en Suisse romande, cela change concrètement la manière dont s'organise une séance de prévention. En France, ce statut n'existe toujours pas dans le code de la santé publique.

Une formation exigeante qui remplit les écoles

En Suisse, on devient hygiéniste dentaire dans une école supérieure. Le plan d'études, approuvé en 2021 par la Confédération, impose au minimum 5 400 heures sur trois ans et mène au titre protégé d'hygiéniste dentaire diplômé ES. L'entrée requiert un diplôme du secondaire II, comme un certificat d'apprentissage ou une maturité, et la réussite d'un examen d'aptitude, selon l'association Swiss Dental Hygienists.

En Suisse romande, une seule école forme à ce métier: l'École supérieure d'hygiénistes dentaires de Genève. Selon l'État de Genève, ses effectifs sont passés de 20 à 40 places lors de la rentrée 2025, afin de combler la pénurie du secteur. Environ 60 % des étudiants qui y entrent sont déjà assistants dentaires. La moitié du cursus se déroule en pratique, jusqu'à des soins sur de vrais patients à la clinique de l'école, et la dernière année comprend un stage en cabinet.

Ce que l'hygiéniste fait (et ne fait pas)

Le champ de compétence de l'hygiéniste dépasse le simple nettoyage. Il couvre les traitements non chirurgicaux de la parodontite. L'hygiéniste organise et conduit seul ses séances, ainsi que le suivi de maintien appelé recall, en suivant le plan de traitement du médecin-dentiste. Il adresse à ce dernier tout ce qui sort de sa compétence. Daniel Piguet, directeur de l'école genevoise, rappelle que seul le médecin est en droit de poser un diagnostic.

La Suisse connaît aussi l'assistante en prophylaxie, une assistante dentaire formée en cours d'emploi par la Société suisse des médecins-dentistes. Elle retire le tartre au-dessus de la gencive et polit l'émail. Les soins d'hygiène des enfants et des adolescents lui sont parfois confiés.

Ce que la France a voté mais n'a pas appliqué

Le code de la santé publique français ignore l'hygiéniste dentaire. Sur Légifrance, le terme n'apparaît que dans l'annonce d'une proposition de loi déposée le 14 octobre 2025, qui souhaite créer ce statut. L'assistant dentaire, lui, assiste le chirurgien-dentiste « sous sa responsabilité et son contrôle effectif » et contribue à la prévention, mais aucune des activités reconnues par le décret de 2016 ne constitue un soin pratiqué seul. La loi du 19 mai 2023 sur l'accès aux soins a prévu un échelon de plus, mais les textes d'application attendus pour l'assistant dentaire ne sont toujours pas publiés.